les mots de MEL

07 avril 2014

Rêve Heures

Le pas du rêveur

S'envole souvent

Il rêve d'ailleurs

Alors, forcément...

         ***

Nous rêvions autrefois

Des rêves éponymes

Je ne sais plus pourquoi

Nous étions synonymes...

       ***

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01 avril 2014

Battre campagne

Qui plus  que moi pouvait trouver une signification profondément  terrienne à ce terme un peu vieillot qui est pourtant si imagé?

Oui, j'ai battu la campagne, ma campagne, pendant un peu plus d'une semaine, à la rencontre de gens que je n'avais en partie jamais vus, trop isolés, trop asservis à cette même terre que nous partageons pourtant en commun. J'ai foulé des sols gras, pénétré dans de somptueuses demeures comme dans des maisons moyenâgeuses, toujours (ou presque!) bien accueillie, moi et mes compagnons de campagne, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit.

J'habite depuis 5 ans un petit village d'à peine 300 habitants, population profondément ancrée dans la ruralité, ce qui devient si rare que je suis venue ici, avec famille et bagages, juste pour me sentir parmi les miens. Je suis une terrienne d'adoption, de celles qui sont nées en ville et dont les premiers pas hors du nid douillet font glousser...même pas cap?

j'ai laissé derrière moi tant de peines que je ne pouvais trouver que la paix, la sérénité que j'avais perdue et je ne regrette rien.

Alors quand la maire du village est venue me solliciter, moi l'étrangère, en tant que femme, et aussi parce qu'elle sait reconnaître quelqu'un prêt à s'engager, j'avoue avoir été très fière de me sentir d'ici. J'avais du temps pour réfléchir, ma décision était prise: ce serait non, ma santé est trop fragile, je vais faillir.

Quand elle est revenue, inquiète et les traits tirés par les soucis inhérents à sa commune, j'ai dis oui, c'était limpide, j'ai été prise d'une furieuse envie de m'investir, pour elle.

Et hop, j'ai été accueillie au sein d'un groupe chaleureux, ils m'ont tout de suite adoptée autour d'un bon repas, tout en m'informant, moi et les 2 autres nouveaux, du fonctionnement de la commune. C'est à la fois simple et complexe, la limite cruelle étant le manque de budget. Un travail d'équilibriste que je soupçonnais à peine...

Suit cette semaine marathon de campagne, surtout voir tout le monde, écouter, rassurer, pénétrer des vies si isolées qu'on les sent à la fête, entendre des doléances tout simplement irréalistes, ne rien promettre mais ne pas apeurer...on est responsable de tout dans une petite commune, du chien qui aboie, du voisin qui bricole trop tard, du gamin qui pleure, de la pelouse souillée, des querelles de voisinage, de la fermeture imminente de l'école, de l'ennui des vieux, de celui des jeunes aussi, de la disparition des bals, du bruit causé par ceux-ci, d'un manque de piste cyclable (pour qui et à quel coût?), du chant du coq du voisin, du manque de poubelles, "et vous me trouveriez pas un logement?", du coût des céréales, de l'eau, du gaz...arg!!!

Et puis il y a aussi les petits vieux qui vous reçoivent, la larme à l'oeil, heureux d'avoir de la visite, qui sortent les gâteaux rances et si durs qu'on les glissent tous délicatement dans nos poches, mais qui sont contents, qui ne demandent rien, qui savent que c'est dur, qu'il n'y a plus ni respect ni reconnaissance...

On a bu des litres de sirop, de thé, de café,mangé des kilos de gâteaux, mais on est allés chez tout le monde, pris la gentillesse et subi les foudres de certains, consciensieusement, sans déroger et sans faillir.

Je n'avais jamais assisté que de loin à un dépouilllement, ça c'est passé à couteau tiré, il a fallu revoter et la deuxième fois ce fût pire.

Nous ne sommes plus que 6 et il y donc 5 élus de l'autre liste. C'es assez triste de quitter les autres, de les laisser au bord du chemin après cette épopée...

Et puis, il y a la haine qui se déchaîne déjà dans le village, faut dire que nos 5 co-listiers mettent autant qu'ils peuvent de l'huile sur le feu. Je crois que ça va être très dur, c'est la loi de la démocratie, mais à notre petite échelle il est beaucoup plus difficile de cohabiter, des gens bien-pensants me reprochent de n'être qu'une étrangère (nous y voilà!), de ne pas avoir à me mêler de leurs affaires, je ne vous raconte même pas ce que mes collègues qui habitent le coeur du village doivent entendre...mais pourquoi ces gens-là ne se sont pas présentés?

Bon, tout ceci n'est que le début de l'aventure, à suivre...

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03 mars 2014

Flash back

Elle était, souvent par hasard, de ces soirées un peu bizarres, futiles et que l'on disait denses, ou les "je t'aime" de circonstance fusaient sur les corps en péril.

La fumée, qui piquait les yeux, y rendait chacun amoureux, mais elle savait déjà très bien que se serait fini demain...

Une fille aux yeux langoureux l'embrassa d'une bouche éprise, elle avait un goût de cerise, à vous donner envie de mieux.

Un soir, ce fut un cul-de-jatte, qui de son lit jouait l'épate, entouré de mains peu timides offrant des caresses torrides:

Un grave accident de moto lui donnait un bel alibi pour réclamer plus qu'il n'en faut les faveurs de toutes les filles.

Elle était là, indifférente, à cette foule exubérante, ne perdant rien de ces scenettes qu'elle écrivait dedans sa tête.

Si ça ne rime plus à rien, pas plus hier que demain, si il n'y a même plus de traces de ces bouts de vie et d'espace,

Alors rien jamais n'a de sens et aujourd'hui je m'en balance, c'est juste une vague impression de  déjà vécu, de fiction...?

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31 mai 2013

FRED

Écrire ton nom, le murmurer pour moi seule, et des effluves de tendresse me remontent au coeur, aux yeux...je te vois tel que tu étais quand nous étions  enfants, puis ados et jeunes adultes, puis le temps assassin...je voudrais prendre le téléphone et oser te dire enfin combien je t'aime encore et toujours, comme au premier jour, plus fort qu'un frère, mieux qu'un ami, comme l'innocence de nos caresses inventant les nuits de pleine lune, les yeux écarquillés, nos dos offerts et nos confidences chuchotées, comment peut-on aimer autant?

Nos parents sont devenus amis, inséparables, on avait pas bien plus de dix ans, enfants uniques, on s'est tout de suite trouvés...complices jusqu'aux pires conneries, jusqu'aux plus belles histoires, nos premières histoires d'amour, complices jusque dans la solitude et nos errances dans les coins sombres de Paris, nos peurs pour avoir été trop loin, notre goût pour les salles obscures, et la musique qui nous déchaînait seuls chez l'un ou l'autre, dansant et sautillant, agitant frénétiquement la tête sur un rock débridé, écarlates et heureux, épuisés, stupides et fiers!

Pas un week end sans que l'on dorme chez l'un ou l'autre, on se suffisait à nous même, se quitter était une déchirure. Tu es devenu très grand et nos blondeurs mêlées laissaient croire aux gens que nous étions frères et soeurs, je sais qu'au fond de nous nous étions si heureux de cette méprise. Nos parents on commencé à émettre quelques réticences à ce que nous fassions chambre commune, mais il n'y a pas eu moyen de nous séparer. Il y a eu le temps de la jalousie, réciproque, quand l'un d'entre nous ramenait à l'autre sa conquête;  je me souviens qu'on l'a un jour pudiquement évoqué, franchir le pas de s'aimer autrement aurait sans nul doute détruit ce lien unique, mais aujourd'hui je me demande qui pourrait remplacer ce lien, c'est peut-être ça l'amour, le vrai, l'unique, celui que l'on perd avant de l'avoir reconnu...

On s'est perdus, on a perdu nos pères, la vie nous a éloignés, j'ai fuis la banlieue, puis Dijon, puis j'ai couru la Provence et toi tu es resté là où je t'avais laissé, le travail, ta famille et la mienne, tout nous a éloignés, fatalement. Je erre de vie en vie et pourtant, tout me ramène inexorablement à toi, mon ami, mon frère, ma vie.

 

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22 mai 2013

Dormir sans toi

J'peux plus dormir sans toi

J'voudrais bien mais voilà

Je n'y arrive plus

J'ai besoin de ta voix

De ton corps de tes bras

pour être enfin repue

*

J'peux plus dormir sans toi

dans mon lit j'ai trop froid

Ah tu peux être fier

Même quand je te hais

Même si je voulais

J'éteins pas la lumière

*

J'peux plus dormir sans toi

Mais ne t'en gausse pas

Je sais que l'insomnie

Quand je ne suis pas là

Tout au fond de tes draps

Torture aussi tes nuits.

                 

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20 avril 2013

UN TOLLE RANCE

Assez!!! j'en a assez de ce vieux con de pays, de ce vieux pays de cons, de ce con de vieux pays, de ce pays de vieux cons où rien n'avance jamais, car il ne faut rien toucher, rien remettre en question, où le conservatisme détériore les rapports humains et fait faire un grand pas de côté, pour ne pas dire un pas en arrière. Continuons à mettre des oeillères et nous allons tout droit dans le mur de l'obscurantisme!

Intolérance, quand tu nous tiens, un tollé rance pour une bande de chiens, cassez du pédé, lâchez-vous, une bonne ratonnade nouvelle génération, et une bonne guerre, alors? vous y pensez, à une bonne guerre, pour remettre tout ça au pas!

J'ai honte de fouler ce sol autrefois si envié pour le respect des droits de l'homme et la liberté d'expression, où sont-elles les belles âmes, au nom de quoi aujourd'hui se bat-on?

Regardez la couleur noirâtre des rues salies par des slogans d'une autre époque, véhiculés par des soutanes empesées bien mal appropriées pour donner des leçons de morale, par des têtes rasées émasculées du cerveau, par des politiques récupérateurs et une foule abêtie et hébétée.

Voyez les s'égosiller à vouloir à tout prix s'imiscer dans la vie de ceux qui ne se soucient en aucun cas de la leur, ne les empêchent en rien de pondre des floppées de marmots sans amour ni contraceptif, parce que Dieu le veut, la belle affaire!

Mais quoi qu'ils fassent, quoi qu'ils disent, ils n'auront pas le dernier mot et j'emmerde cette foule qui se dégonflera, comme un ballon de baudruche, quand le mariage pour touts sera enfin officiellement constitutionnel.

Malgré tout, me restera toujours cette image navrante d'une France d'en-bas qui s'est dévoilée sans complexe, et se dévoilera encore, et je crains que l'amour se paie, que la peur soit maintenant au rendez-vous des mariages du printemps. Je crains qu'un baiser ne soit plus qu'une offense, alors que c'est si beau, un baiser...

Pour utiliser les stéréotypes chers aux antis, je veux un monde plein de mamans bleues et de papas roses, avec dans les bras des enfants heureux.

Qu'aillent brûler dans l'Enfer des cons maître Connard et Rigide Catho, Acide Cageot, Perfide Mytho...et mieux encore si vous avez entendu vendredi la chronique de François Morel le vendredi matin sur France Inter, à 8H55 (sinon, courrez-y vite!), le merveilleux Morel, si brillant dans la colère comme dans l'enthousiasme!

Mardi est un grand jour, quoiqu'on en dise,et les menaces d'abrogation de la loi en 2017 doivent nous laisser froids, j'ose espérer que la pensée rétrograde serra d'ici là mise à terre, en attendant, ne lâchons rien!

 

 

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26 mars 2013

COLERE!!!

Hier encore je pestais, écoeurée, contre cette foule rose et bleue, moutons de Panurge manipulés par l'église et l'opposition qui se mêlent d'un droit laïque et ne savent visiblement pas ce qu'aimer veut dire.

Je pestais, écoeurée, contre cette vielle blonde décatie, adepte en son temps des débauches parisiennes dont elle porte trace sur sa gueule vulgaire et son corps affaissé; de cette vielle blonde, donc, qui hurle, la bouche déformée, en brandissant et sa croix et des inepties qui ne tiennent pas une seconde contre une loi qui passera sans elle. Quand on se fait appeler fièrement Frigide, hein!

Je pestais, écoeurée, contre cette femme qui poussait ses mômes et son ventre rond vers l'Elysée, devant la caméra, alors que les Champs étaient clairement interdits à la "manif", se posant en victime pathétique et ridicule, oùvatonmonbonmonsieur, croyant nous rejouer la prise de la Bastille version "les pédérastes, on les vaincra"!

Aujourd'hui, ma colère est presque intacte; mais après une nuit de damnation à ne pouvoir trouver le sommeil, ne supportant plus le contact du matelas, rêvant de flotter au-dessus pour que la douleur cesse enfin, peut-être; après cete nuit, donc,toute ma maigre énergie se concentre sur un enjeu majeur: bouger mon corps endolori et me lever, enfin. Trois tentatives difficiles, je renonce, épuisée. Ma colère se concentre maintenant tout entière sur cette injuste souffrance, mon monde se réduit à ma petite personne et ma colère n'est plus que pour moi...

C'était hier, aujourd'hui, je vais mieux et ma colère est à nouveau rose et bleue...

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24 mars 2013

Une belle confusion

C'est à la fois une tranche de vie et l'histoire d'un de mes poèmes...

Je suis allée le week end dernier au café-philo de mon village, accompagnée de mon beau Max, tout fier et intimidé d'être là.

Il faut dire que chez les L. l'atmosphère est particulière:

une vieille maison bourgeoise transformée en salon de thè (j'adore le thé!), café-philo, stages de clown et autres conférences louffoques tenues par de supers comédiens du théâtre de rue d'Aurillac, bref, tout ce que j'aime et plus...dans une pièce unique, un beau foutoir chaleureux, bric-à-brac d'époques plus ou moins antagonistes, de couleurs délicates superposées à quelques croûtes criardes, oeuvres d'enfants et petits-enfants épargnées par l'amour de nos hôtes déja polis par les années et pétris d'une tendresse certaine pour l'espèce humaine, en dépit de frasques peu réjouissantes et d'une époque...merdique!

Donc, nous atterrisons là, moi pour concourrir, comme l'an passé, à la plus belle phrase écrite sur "dis moi dix mots..."petite perle annuelle de la langue française mise à l'honneur chaque année, Max pour "voir".

Mon blondinet, à peine réveillé d'une sieste réparatrice, se croit dans un film de Tim Burton, et tandis que le feu crépite dans le cantou, il attend sans doute un roulement de tête, planquée derrière un tenture délavée...

Et voila Monsieur L. qui se lance dans une explication de texte hallucinée, baguette en main, calembour aux lèvres, l'oeil goguenard et la blanche chevelure en pétard, dix mots à rire, Max interloqué, puis vint la lecture des textes...

La phrase m'ennuyait, j'ai écris un poème dans lequel les dix mots se trouvaient, sans me forcer, alors...

Alors tout le monde a voté pour mon texte (l'an passè déjà!), mais Monsieur L. a foncé droit sur Max, le déclarant gagnant, "ah oui, un texte de très jeune personne, bien sûr..."Max, cramoisi, n'a pas osé moufter, il se retrouve applaudi, congratulé, promu à un bel avenir et sommé de lire ses vers (qu'il a bafouillé du début à la fin, le pauvre) avec questionnaire poussé à l'appui sur la structure du poème, ses sources d'inspiration, le temps passé...

Monsieur L., qui est aussi journaliste, a voulu prendre mon Max en photo, mais là, il n'a pas pu, vraiment pas, malgré mes encouragements, je n'allais pas le lacher!

Il a quand même fallu que je lui glisse a l'oreille qu'il y avait eu méprise, car il voulait que Max renconte d'autres poètes du crû pour discuter édition, ça allait un peu trop loin.

C'est donc comme ça que mes quelques mots couchés la veille se sont retrouvés dans le journal, mais il n'y avait pas le nom de l'auteur!!!

Les dix mots sont: atelier-bouquet-cachet-coup-de-foudre-équipe-protéger-savoir-faire-unique-vis-à-vis-voilà.

MOJO

Al'atelier des mots

Je fis un beau bouquet

et bien que sans cachet

Je l'envoyais à Jo

*

Il eut le coup-de-foudre

Pour l'ardente supplique

Qu'un savoir-faire unique

En mon coeur voyait sourdre

*

Nous formions une équipe

Vis-àvis de nos pairs

J'écrivais ses répliques

Il protégeait mes vers

*

Voilà comment l'amour

Nous unit à jamais

Moi qui dormait le jour

Lui qui me regardait.

Un Cyrano de village!!!

Et j'imagine, en gloussant, les commentaires du jury sur les moeurs du jeune poète!

 

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19 février 2013

La petite robe rouge et autres cadeaux de l'été

J'ai écris ces mots au sortir de l'été, ils sont restés enfouis dans mes mers de brouillons, encore une fois, et au sortir d'un hiver long et rigoureux, après des jours et des jours de neige et de grisaille, ils me réchauffent soudain le coeur, si fort que ce joli souvenir efface d'un trait toute ma mélancolie, alors, voilà:

La plus jolie chose qui me vienne en tête, repensant à cet été trop vite passé, c'est une petite robe rouge, légère et fleurie. Elle aurait semblé vulgaire ou criarde sur une autre, mais celle qui la portait était d'une beauté incongrue qui sublimait tout. Pas une de ces beautés lisses qui jonchent les magasines et que l'on ne voit plus vraiment tant elles sont interchangeables, non. Une blonde vraie et charnue, au sourire rouge vif,à la tignasse en pétard, à la frange de traviole, aux formes généreuses, une terrienne accomplie, heureuse d'être là, sans doute bien dans sa vie, dans sa tête. Une qui plonge son regard bleu-azur dans le votre, franchement,sans mystères.

Une qui,  quand elle vous parle, vous laisse à croire que vous vous êtes quittées la veille et infuse à chaque mot une note de musique fraternelle, vous laisse imaginer une haleine de fraise des bois, tant ses lèvres y font penser, tant sa voix est douce et sucrée.

Un échange furtif qui vous donne cette envie irrépressible de lui demander, là, au milieu des délices choisis d'une main sûre et d'un oeil  gourmand, soupirant d'aise, de lui demander, donc, rougissante, d'entrer dans l'intimité de son cercle d'amies, comme si un pas avait déjà été franchi.

Elle est repartie, homme et enfant dans son sillon, nimbée de soleil carmin, sa robe ondulant sous l'influx de ses hanches puissantes, déesse inconsciente de mon imagination , un dernier signe de la main, sortie de champ, fin d'une histoire, mais...

Il y eu aussi ces deux amoureux à vélo, trimbalant dans une petite cariole attelée deux bambins beaux à croquer, Gatien et "bébé Charlie", qui, dés que je les vis arriver, accrochèrent à mon coeur un petit ruban de lumière.

Les adopter, me suis-je dis, sans qu'ils le sachent, pour ne pas peser, les adopter le temps d'un babillage, d'un échange fragile, ces quatre avec leurs visages burinés par le soleil, même le tout-petit, ses joues couleur pomme d'amour, et quatre paires d'yeux bleus, encore, le hasard, qui tardent à partir et qui reviennent encore. Et moi qui vois arriver à nouveau l'étrange cortège tanguant sur les graviers, alors que j'écris ces mots...le bonheur en marche! j'y cours...

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10 février 2013

Double peine

Rien ne me raisonne, le temps n'y fait rien et quand la vie me rappelle à la souffrance, c'est vers toi que je reviens sans cesse...aucun de mes souvenirs n'adoucit ma peine, même les plus drôles, les plus tendres, les plus beaux, les plus durs, rien. J'ai tenté en vain de guérir de toi, rien à faire, j'ai toujours seize ans et je t'ai tué. On a eu beau me dire que ce n'était pas moi, mais le destin, ta santé,la vie qui donne puis prend, j'ai toujours seize ans et je t'ai tué. Et plus la maladie me ronge et me tord, plus tu es présent; je voudrais te chassser que je n'y arriverais pas; j'ai pourtant essayé, on m'a pourtant aidé. Alors je te laisse m'envahir et me torturer, comme la douleur, me ronger inexorablement, c'est à travers toi qu'il me vient sans doute les plus beaux récits, ma façon de transcender mes larmes, toi et la maladie. Si tu n'étais pas mort, aurais-je été malade? je n'ai pas de réponse et quand bien même j'en aurais une, tu es mort. Pourquoi m'aimais-tu autant? tu aurais dû faire preuve de plus de modération, ça t'aurais sans doute sauvé, et dire que je suis comme toi, si amoureuse des miens que tout ce qui les touche et les blesse me fends le coeur, j'essaie de ne rien montrer, d'être discrète, mais je crois bien que mon visage, mon corps tout entier parle de mes émotions, comme toi, tout comme toi. Il faudrait que je contrôle, que tu ne me vienne que dans les moments de bonheur, que je te laisse en paix, que tu me laisse en paix, quand rien ne va plus et que j'ai si mal que je voudrais parfois pouvoir te rejoindre. Mais rejoindre quoi? un petit tas d'os dans un cimetière de banlieue, une pierre glacée que j'ai toujours refusé de pleurer? Non, je fais malgré tout partie du monde des vivants,et même le pire en ce monde n'est rien à côté du néant, et puis je sais trop ce que c'est que de faire souffrir ses proches, je ne veux vraiment pas d'une place à tes côtés...je te fais juste une petite place dans mon coeur, que je tente, parfois vainement, de garder enfouie.

Les maux de la vie entraînent-ils la maladie? on le dit, oui, je ne sais pas, je ne fais pas exprès, j'en aie assez que ce soit un bon argument pour qu'un médecin justifie de son impuissance, je veux me réparer, je n'ai pas les outils et personne ne me les donne, alors je me torture l'âme pour savoir ou et quand tout a commencé, pourquoi, comment, et surtout, surtout ce qui pourra bien arrêter tout ça et sortir libre de ma double peine.

papa3

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