21 mars 2009
..."pourquoi tu me visais?"
Alain Baschung va me manquer, il me manquait déjà quand j'ai vu surgir cette ombre de lui aux Victoires de la Musique. Il respirait la souffrance, son corps meurtri était en route pour le dernier voyage, alors que sa voix à peine brisée nous offrait sa dernière mélopée, "j'sais pas pas pas...", nous laissait-il croire.
Je n'ai pas pu détacher mon regard de cette frêle silhouette, si belle et déchirante, j'ai bu les mots comme un vampire, jusqu'à la denièrre goutte, en serrant fort les poings pour qu'il ne fléchisse pas, agrippé à l'amour que le public ému lui portait.
Il y avait de la communion dans l'air, l'adieu conjugué à l'espoir, l'envie de croire jusqu'à tard que rien n'était encore perdu, et tant d'amour encore, à donner, à recevoir.
Mes larmes ont accompagné son départ, et ses mots dans ma tête se sont bousculés et conjugués les uns aux autres, "comme un leggo", étranges et poétiques, mêlant l'imaginaire à la mélancolie du monde, un zeste d'humour noir, quelques jeux de maux tortueux.
Je l'écoute à l'envie, pour me rassurer, me dire qu'il ne partira jamais vraiment, parce qu'il est unique et un peu de chacun de nous.
Il aurait pu écrire "Les fleurs du mal", il est mort à la fleur de l'âge, ses mots me visaient, je suis à jamais touchée.
Commentaires
Il sera là toujours, dans les mémoires, sur les platines, dans nos têtes, dans l'air du temps.....
Bel hommage !
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