24 mai 2009
Quelque part...
A force d'y croire, je suis arrivée quelque part...
Deux années d'acharnement, à me battre comme je n'aurais pas imaginé, à pleurer de rage, d'impuissance, de désir frustré, à brûler une terre haïe de mes larmes de fiel, à me soumettre presque à l'intolérable échec, à me maudire d'impuissance, à éspérer encore, à éspérer sans cesse et à gagner enfin.
A avoir tant désiré, je ne crois pas encore, il m'arrive de errer de pièce en pièce, de terre en terre, en criant tout bas "c'est chez moi, chez moi"...je tremble encore de me réveiller dans d'improbables lieux, ou je me trouvais, il y a peu, ou je n'existais plus, ou ma vie s'étiolait dans le regret d'ici.
Alors, il faut que je l'écrive pour y croire peut-être, pour y croire vraiment, être sûre de n'être pas dans une parenthèse enchantée qu'un simple souffle ferait disparaître, la peur ne m'a pas quittée...
Et pourtant me voila droite et pleinement éveillée, mes yeux s'écarquillent pour mieux s'imprégner de ce qui leur échappait sans pitié, il y a si peu de temps encore.
J'ai l'impression de jouer encore un rôle, faut-il que le théâtre me manque, le rôle de celle qui a cru en ses rêves et forcément les a atteints.
Les voisins viennent saluer les nouveaux venus, cela pourrait-il être nous? Je souris, je n'écoute pas, je contemple, béate ma réalité et je réponds, au hasard, une politesse ravie et décalée. Ils vont me prendre pour une folle; peut-être, à force d'attente, le suis-je devenue un peu, peut-être est-ce du bonheur, va savoir, je ne me rappelle plus, il faut que je réapprenne.
La fenêtre du bureau est ouverte au soleil et les cloches de mes rouges pensionnaires rythment mes mots. Elles happent l'herbe fraîche et tendre du printemps, sans état d'âme, les belles Salers, suivies de leurs petits veaux perdus sur ces nouvelles pâtures.
Pour elles, que je sois là ou non n'a aucune importance, c'est leur pays depuis toujours, je leur offre juste une estive nouvelle, un été de verdure.
A force d'y croire, je suis arrivée quelque part.
Commentaires
Bien heureuse pour toi ... à bientôt
'tain, la vache (si j'ose!...)! Des Salers! Tu te mouches pas du coude! Note que moi j'suis pas contre l'Aubrac non plus... Mais quand même, des Salers, la vache!
Sinon, ça va?
luciole:
A bientôt, je le souhaite vraiment!
Merci d'être toujours par ici. Bises.
Briscard:
Je pensais à toi (forcément, ici!), mais n'imaginais pas que tu serais encore au détour de mes pages, ça fait plaisir!
Avoir des Salers en pension chez moi, c'est un luxe des plus chics, des Salers à Salers!!!
Ce ne sont pas les miennes, mais elles ne
jurent pas dans le paysage!
Si tu passe voir le cousin, viens me dire un petit bonjour!
Il est beau ton quelque part qui balbutie au rythme des sonnailles et des senteurs du jour; j'ai beaucoup apprécié de m 'y ballader à l'automne quand de doux rayons viennent effleurer les courbes douces des puys !
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=231543&pid=13839152
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
