07 janvier 2010
mes voeux sincères
A toutes les ombres qui passent encore par cet espace qui se desertifie et blanchit un peu plus chaque jour, comme le paysage suspendu à ma fenêtre, à tous ceux qui se sont posés un instant sur mes mots, par erreur, par hasard, par accident, par amour parfois, mais sans jamais rien y déposer alors que je les savais forcément présents, l'espace d'un instant, le temps d'un espace vide sur la toile esseulée, à celles qui ont toujours été là, la tendre Any, la flamboyante Luciole, la fidèle et lumineuse Tatiana, à ceux qui m'ont un moment accompagnée et se sont lassés, ou dispersés vers d'autres horizons, il y en a tant dans cet étrange univers, à Bridget, Briscard, Laurent et bien d'autres qui se sont tus et que j'espère encore, je souhaite la fortune qu'apporte l'amour des siens, l'amitié qui pardonne tout et ne juge jamais, la réalisation de soi, si difficile aujourd'hui, et si injustement baffouée, et des bonheurs, que diable, de ceux qui sont encore accessibles d'un mot ou d'un regard, de ceux qui gardent la flamme intacte malgré le temps qui passe.
Je ne sais pas si je trouverai la force de continuer à écrire ici, il faut que je réfléchisse au pourquoi de tout ça, il me semblait que c'était l'envie de partager et d'échanger qui m'avait amenée à ouvrir ce blog, je ne suis pas sûre d'y être parvenue comme je l'avais espéré, peut-être avais-je surestimé le désir que je pourrais réciproquement susciter, oui, c'est le mot juste, le "désir"!
Bonne Année 2010.
05 octobre 2007
De retour sur la toile...
Après avoir subi les derniers soubresauts de ma vieille bécane et l'avoir confiée, agonisante, au médecin des puces, cartes mères, disques durs et autres entrailles barbares qui la constituent, me voilà, un peu malgré moi (pas le budget prévu au départ!), au volant d'une machine flambant neuve et dont les prouesses techniques n'ont de cesse de me fasciner...
J'avais oublié que l'on pouvait mettre moins d'un quart d'heure avant de pouvoir accéder à internet et aux délices de la culture sur toile fictive...
Ces quelques jours m'ont paru bien longs, il m'ont permis d'évaluer ma relative dépendance à cet objet si impersonnel, moi qui me complais dans l'affect. Je crois que vous m'avez manqué, ceux que je lis, de temps en temps, furtivement ou assidûment, parfois sur la pointe des pieds, de peur que mes remarques ne soient pas judicieuses, pas opportunes, parfois trop emportées, trop, trop, trop... et le goût d'écrire, que je n'ai jamais perdu mais qui me mets souvent à mal, m'est revenu plus fort, juste pour vous dire le plaisir que j'ai à vous retrouver, à redécouvrir la gouaille intacte et jubilatoire de briscard, les mots élégants et sensuels de modimo, le sens de l'improvisation si délicat et subtile de shaggoo, la mélancolie d'any, qui m'inquiète, luciole à la conquête de Paris et son bonheur qui me pétille aux yeux, laurent revenu de ce même Paris un peu conquis, un peu vaincu, sylvin parti un jour et jamais revenu, phil qui met des photos sur ses silences et tant mieux et tous les autres, ceux qui m'amusent, ceux qui m'agacent, ceux qui crient, ceux qui pleurent, ceux qui fuient et se leurrent...
Bon, voilà que je me mets en pilote automatique, que je ne contrôle plus, dis donc, souris, tu crois que tu m'abuses?
25 mai 2007
NOMADES
je suis arrivée en avance pour mon cours de batterie, me suis assise sur un banc, suis partie loin, dans mes pensées...
Nous sommes comme deux poissons hors de l'eau, nos corps tordus au sol se débattent et s'assèchent, nos bouches grandes ouvertes suffoquent...les jours passent et l'on s'adapte, on mute vers un autre état, on glisse vers un autre projet, un nouvel ailleurs...les corps s'apaisent, en apparence, les bouches ouvertes laissent place à de longs mutismes, on se tait pour tout dire, il suffit de nos regards qui s'évitent pour savoir que nos pensées se croisent...
Puis, par vagues inconstantes, les mots et les idées jaillissent dans la confusion de l'inconnu qui nous happe.
On lance des coups d'épée dans l'eau, une pierre arrête cette bataille inconsistante, puis l'espoir s'accroche, la volonté se fait tenace, elle est double, elle est nous.
J'avais acquis la quasi certitude que nous pouvions enfin poser pied à terre et déployer nos bagages et nos rêves sur ces terres excentrées.
Ce n'était qu'un passage, nous sommes faits tous deux pour celà, passer, ne pas s'ancrer, distribuer nos racines aux quatre vents... nos racines, quelles racines???voilà Koltés qui débarque au détour d'une phrase, comme il est juste, celui-là...
Tant pis, ou peut-être tant mieux, nous sommes comme les chats, nous avons plusieurs vies, en voilà une qui s'achève...j'ai un peu peur, un peu froid, mais tant d'envies aussi!
C'est l'heure du cours, je crois que je vais taper fort, c'est mon coeur, ce soir, qui donne le rythme.
05 avril 2007
SI BELLE EN CE MIROIR???
Ce matin, je me suis prêtée à ce petit jeu narcissique qui consiste à observer son reflet dans un miroir. Banal, me direz-vous...pas pour moi, j'ai horreur de mon image, "horreur" est le terme approprié.
Mais aujourd'hui, j'ai croisé un regard vert et or, une bouche à peine déformée par ce maudit côté droit, j'ai osé un sourire et je me suis dit qu'il était bien temps que j'accorde quelque clémence à cette fille pas si vilaine, que je lui trouve enfin du charme, avant qu'il ne soit trop tard, avant que les affres du temps ne m'ôtent toute chance de me plaire, un peu.
Je me suis autorisée à ignorer la cicatrice, le sang, la mort, la culpabilité, je me suis obtenue un sursis et c'était bon...oublier que l'on a pris perpéte, penser à une remise de peine, un report de chagrin, sourire...
J'ai mis des sous-vêtements délicats et frivoles, pour moi, pour mon plaisir, je me suis habillée de couleurs vives, j'ai souligné le vert de mes yeux au crayon noir et je me suis trouvée jolie.
je suis partie faire mes courses, le coeur léger, pour un moment, en me disant qu'aprés tout si je n'avais ni son nez, ni sa bouche, ni ses yeux sombres et ses cheveux bruns, j'avais aun moins son fichu caractère, sa force, son extrême sensibilité...je n'ai jamais vu un homme pleurer autant que mon père, de joie, de tristesse, de dépit...ça me faisait mal, ça me génait un peu et je trouvait ça beau, un père qui pleure...
Aujourd'hui, ceux qui me connaissent bien vous le diront, je suis comme lui, un vrai coeur d'artichaut, un torrent à la commande, rien ne m'arrète et c'est parfois terriblement embarrassant; mais c'est comme ça, c'est mon héritage à moi, ça et cette force qui me fait avancer, même si j'ai un peu trop l'oeil sur le rétroviseur, à m'en oublier ...
Je me suis rendue compte que si j'aimais tant les chapeaux, c'est parce qu'ils maintiennent une distance avec le regard des autres, comme si ils pouvaient savoir, rien qu'en me croisant, quelle idiote!


