26 décembre 2007
L'échappée belle: tourner la page et lâcher prise...
Même pas pleuré...ou alors juste quelques sanglots étouffés, seule devant elles, les appelant une dernière fois.
Il fait très froid, le jour se lève à peine et l'odeur de leur sommeil m'envahit quand j'entrouvre la porte de la bergerie.
Les portes s'ouvrent sur l'aube, elles ne comprennent pas, les chiens non plus.
Tout le monde se met en route, une voiture devant moi, le chien et le reste du cortège derrière nous, le troupeau et moi, une dernière fois...
Je garde les poings serrés au fond de mes poches, pour ne surtout pas céder à l'émotion.
C'est la première fois qu'elles vont fouler la route, monter dans un camion, et tout se passe comme on n'osait l'imaginer: pas trop de voitures, pas de panique dans le tunnel obscure, pas d'hésitation à monter dans la bétaillère, mes innocentes. Comme si elles avaient décidé avec nous...
Non, elles ne sont définitivement plus miennes et c'est très bien ainsi; une étape enfin franchie, un souffle à prendre, un de plus, un encore, respirer...il fait si froid, les yeux s'embuent...
C'était il y a douze jours... lâcher la page et tournée prise: champagne pour tous, c'est aujourd'hui mon anniversaire!
09 décembre 2007
L'échappée bêle: coup de chien
Il a fallu qu'une semaine avant leur départ il arrive ce qui n'était jamais arrivé: un coup de chien.
Prévenus en catastrophes que les brebis erraient en direction de l'estive, pas du tout de saison, nous voilà cavalant, paniqués, après un troupeau éclaté aux quatre coins des terres.
Il m'est venu en tête des images d'attaque de loup, de bêtes égorgées ou sautant une barre rocheuse sans avoir jamais pu goûter l'herbe de leur nouveau territoire. Envolés, les rêves de départ, plombées, les avancées des derniers jours...
Arrivée à la bergerie, je trouve quelques bêtes hagardes, prostrées de ça, de là, les oreilles en arrière, échouées par petits groupes épars. une poignée d'entre elles est rentrée et s'est cachée tout au fond, dans le noir, si bien que je ne les aient vues qu'après avoir rentré les autres.
Il n'y en a qu'une cinquantaine, on est loin du compte. Tu arrives avec un autre groupe, plus conséquent, mais il en manque encore...
j'enferme donc mes affolées et continue ma quête, la peur au ventre. Vu la configuration des dégâts, c'est un chien, à n'en pas douter; reste à savoir si il s'est juste contenté de les trousser, semant la panique et les disséminant aux quatre vents, ou si il y a de la casse, du cadavre...
Les chasseurs ne sont pas sur le secteur, aujourd'hui, et puis il n'y a jamais eu de soucis avec leurs chiens, j'ai des doutes...
Je n'entend ni ne vois rien, mon chien ne les marque pas, j'ai atteint le bout de la Cerise, au-delà plus de scénario possible; mais tu m'appelle enfin, tu as trouvé d'autres égarées sur le retour, tous les repaires semblent présents, il faut vite compter.
Avant de rebrousser chemin, je m'avance au-dessus des granges. L'une d'elles est habitée depuis peu par nos deux anciens bergers, deux zonards enfumés qui vivent dans une pièce qui doit atteindre au mieux les dix degrés. C'est là que s'arrêtent leurs ambitions, que se dessine leur avenir d'RMIstes affichés, ils ne travaillent plus, ils sont propriétaires!
Je les vois tour à tour sortir de leur turne fichée à flanc de rocher, leur clébard à teufeurs sur les talons...c'est de là que le troupeau a été coursé...
Retour à la bergerie, on compte. Il n'en manque pas une; à part quelques boiteuses pas de bobos. On s'en tire très bien.
Plus qu'une semaine...ne plus les lâcher...
23 octobre 2007
L'échappée bêle: dernière estive
C'est la dernière fois que je les vois repues au soleil d'Autcellier, mes blanches, si belles, si vulnérables et si fortes à la fois...
Mes toutes douces, mes âmes pures, mon orgueil, ma fierté, mes toujours fidèles...
Mes conquérantes affamées, garces frondeuses au nez des chiens...
Laissez moi m'enivrer encore du paysage de vos corps et de l'harmonie de l'alpage, autour de vous, comme une image...
Mes yeux, à jamais éblouis, se ferment sur ma nostalgie . Il ne fera plus jamais nuit...
07 septembre 2007
l'échappée bêle: le maquignon
Ce matin-là, nous avons descendu le troupeau dès le lever du jour...
Elles arrivent devant la bergerie à petits pas, méfiantes, elles savent bien qu'il se passe quelque chose d'inhabituel, il n'est pas encore temps de gagner les quartiers d'automne...
Une fois les agneaux triés, les femelles séparées des mâles, on mange un bout en hâte en attendant Raymond.
Il arrive à l'heure, il a laissé, chose rare, sa blouse noire de maquignon au placard pour adopter une tenue de touriste en visite. Pour accentuer cette inhabituelle sensation, il est flanqué d'Eliane, sa femme, qui ne fait jamais partie de la négociation. Il est venu presque incognito, pour nous faire oublier que la dernière fois qu'il a mis les pieds dans la bergerie, c'était il y a trois ans et que depuis nous nous croisions sans nous voir...
Seulement là, il lorgne nos agneaux avec concupiscence, il y en a trop peu sur la marché pour satisfaire la demande et voilà que s'offrent à lui de biens beaux gigots en perspective!
On palabre un peu, on parle de tout et de rien, il tourne autour du pot, trépigne, se tortille, on le sent impatient de conclure, sa femme lui lance des oeillades entendues, cette fois-ci on tient notre bonhomme, il ne discutera pas le prix, on le sait, on le sent...
Après avoir choisi nos plus beaux mâles, il a voulu quelques femelles, les plus grosses du lot, de celles que l'on garde habituellement pour la reproduction, nos futures brebis. Puisqu'on vend le troupeau, quelle importance qu'une agnelle se retrouve sur l'étale du boucher, quelle importance...
Il en a choisi vingt, les plus belles, de celles issues du meilleur de la sélection et à mesure que je le voyait donner un coup de borie vert sur le dos de mes blanches, j'ai senti mon coeur se serrer et un immense chagrin m'a gagnée, un vide infini. J'ai éprouvé la honte de les avoir abandonnées à la convoitise d'un marchand alors qu'elles avaient un avenir tout autre, au départ.
Cette nuit là, je me suis réveillée brusquement, envahie de chagrin et j'ai pleuré à chaudes larmes mes agnelles sacrifiées...
Depuis, je ne trouve plus le sommeil et je feins de les ignorer quand je rentre dans la bergerie.
Raymond vient de chercher le premier lot d'agneaux, tout ne rentrait pas dans le camion, il avait revêtu sa blouse noire.
Il a laissé les agnelles, jusqu'à la semaine prochaine...
27 août 2007
l'échappée bêle...
FURTIF SOUVENIR...
J'entend le vent louveter dans la nuit d'encre et mes joues empourprées gardent le souvenir de la neige cinglante, entremêlée de Lombarde rageuse...
Je ferme les yeux et je vois les anciens coincée entre l'âtre et l'étable, deux chaleurs douces, fortes et parfumées...
La neige a des reflets bleus comme un regard qui rencontre un rêve.
18 août 2007
La quête (suite)
Je ne fais que passer...
Ce sera la Cantal, je le sais, je le sens...
Après quelques jours passés à chercher encore, dans le Tarn et la Gironde, aprés avoir rêvé ailleurs d'un avenir compliqué, retour à la première visite, le premier choix, mon premier coup de foudre sur internet. Tout me séduit dans ce nouveau paysage: la maison, architecture typique du Cantal, est belle à se damner...la matière est noble, pierre et lauze, avec un brin d'austérité nécessaire à la rudesse du climat et à l'architecture médiévale des villages alentour...les terres regroupées tout autour, le bonheur de posséder enfin le paysage, la ruralité partout, des gens avec lesquels on n'aura plus l'impression de venir de la planète Mars quand on leur parlera de nos préoccupations...
Certains ici s'étonnent que l'on puisse quitter le sud pour un pays où le climat est si rude, mais le soleil ne suffit pas au bonheur et les gens ici ont des glaçons dans le coeur. Ils te donnent l'accolade à peine ils te connaissent, t'embrassent et te donnent du "tu" en veux-tu en voilà et te poignardent l'âme dès que tu as le dos tourné...je n'ai jamais eu aussi froid qu'ici, rester encore me pèse et pourtant il va falloir attendre avant que le rêve ne se concrétise...tout nos biens sont à vendre, deux hideuses pancartes défigurent notre belle maison, mais qu'importe, tout ça appartient déjà au passé, la page est tournée...
Nous avons un acheteur potentiel pour le troupeau, à la fin du mois peut-être aurons-nous tout vendu. Je sais que j'aurai un pincement au coeur, que les larmes couleront sur tout un pan de vie qui s'achève, c'est ce jour-là que nous pourrons mettre toutes nos forces au service de l'avenir, "il faut tourner la page, changer de paysage..." disait Claude Nougaro, quoi de plus juste, aujourd'hui?
Plus que deux jours et nous retournons dans le Cantal pour concrétiser un peu plus les choses, affiner le projet et puis aussi voir des amis que nous avons laissés là-bas, nous avons fait des études en Auvergne, finalement c'est presque un retour aux sources!
Quelques vues de la Gironde, qui nous a fait un temps rêver aussi!
29 juin 2007
La Quête
Nous voila partis pour le Cantal. Ça devait être un stage de perfectionnement pour conforter notre projet, c'est devenu l'occasion de le porter ailleurs. Donc, peu de temps, beaucoup à faire, des kilomètres à engloutir...
On s'est arrêtés à Salon, prendre une bonne bouffée d'amitié, bon repas, comme toujours, rosé bien frais, l'ait était tiède, on a ri, c'était bon...
Première étape: l'Hérault. Petite ferme perdue dans un hameau au-dessus de La Salvetat sur Agout. On connaissait déjà un peu le coin pour y être venus en vacances, on trouve l'exploitation un peu trop isolée pour y créer un point de vente, mais jolie quand même, à réfléchir...
Puis arrivée à Aurillac où nous passons une semaine intense avec des gens hyper compétents, nous apprenons beaucoup et nous rendons compte que nous étions déjà pas mal au point, mais de manière empirique, manquait la technique et la précision. J'ai toujours aimé apprendre, me remettre en question, c'est indispensable à mon équilibre, aller de l'avant pour se réaliser. Pour ça, on est bien sur la même longueur d'onde, on s'est donc régalés.
Seule ombre au tableau: logés dans des chambres d'étudiants...individuelles!
Première visite dans une ferme vers Saint Flour, système collectif, un associé qui laisse sa place. Je déteste TOUS les systèmes collectifs, mais tu voulais voir, il ne faut laisser échapper aucune opportunité!
On a vu!!! c'est trés simple à résumer: travailler plus pour gagner moins, ne jamais investir et avoir un outil de travail obsolète, détester l'innovation. Exactement l'inverse de nos objectifs. On est partis en courant, je crois qu'on leur plaisait bien!
Puis le meilleur pour la fin. C'est la première exploitation à vendre que j'ai trouvé sur internet, un pur hasard qu'elle se situe dans la région ou l'on vient en formation. Au descriptif, tout est parfait, rien à refaire, rien à revoir, juste à trouver l'argent!
Moi, super emballée, toi réticent, trop cher. On y va quand même, d'autant qu'on a entendu que des éloges des propriétaires qui pratiquent exactement la même activité que celle qu'on veut créer.
On est repartis avec une seule phrase en tête: "il faut trouver l'argent"!
Un mot sur notre retour via l'Ardèche: le poilu qui élève des chèvres y sévit toujours, on l'a rencontré!
La ferme est au nord du département, pays triste et laid, la maison est faite de bric et de broc, elle est mitoyenne à celle du proprio qui est de toute évidence le maître en ces lieux.
Nous n'en sommes qu'au début de l'exploration, peut-être découvrirons-nous d'autres perles. Le retour est difficile, le travail laissé nous attendait, l'été sera épuisant et riche.
01 juin 2007
l'échappée..."c'est un accident???
En Crau, le berger est un petit animal sauvage qui n'a de valeur que celle de son troupeau, les brebis sont souvent mieux logées, mieux soignées, tout tourne autour de leur bien-être et tant pis si toi tu vis dans une cabane qui ressemble à un trou à rat, plein de souris, d'ailleurs, ma seule phobie, pas de chance!
Le patron est riche et exigeant, un des plus riches de Crau avec un troupeau de six mille bêtes et les gens qui vont avec...
Côté bergerie, j'ai une des plus grandes du coin puisqu'il peut y aller deux mille brebis, pour ce qui est de l'équipement d'élevage, j'ai le dernier cri, un parc de tri venu droit de Nouvelle Zélande, la grande classe, une pharmacopée digne d'un cabinet de vétérinaire, les brebis sont toujours dans une abondante paille fraîche et propre, je suis fière!
Nous avons chacun notre troupeau, chacun notre matériel et notre bergerie, jamais les mêmes bêtes, ça tourne tout le temps. Des bêtes à parquer avec leurs agneaux, un troupeau à faire agneler, des brebis vides à garder dans les campas ou à la repasse des prés, parfois un peu tout ça à la fois...
Le jour et la nuit se confondent parfois, quand l'agnelage fait place aux jours de garde dans la bise.
On se retrouve le soir dans la cabane froide de n'avoir pas vu le feu de la journée, le poêle fume et toussote avant de ronronner enfin, je lance un cri perçant en attrapant un pull dans lequel une de ces maudites ratoles a niché, tu me rassure en riant, je t'aime tant!
Tu es le seul à avoir le privilège de recevoir des fiches de paye "je veux bien vous embaucher tous les deux, mais il va falloir faire un effort..."
Le patron se pointe de temps en temps pour voir si l'on fait bien, il est parfois flanqué de son vieux père qui mate le troupeau de son oeil bleu-acier et repère sur le champ la moindre boiterie, la bête a intérêt d'être marquée d'un coup de borie, sinon gare aux remontrances...ils savent tout, ces deux-là, ils ont mis la main à la patte avant de commander, faut pas la leur faire...
Je l'aime bien, le vieux, il est un peu rugueux, un peu râpeux, mais il sait raconter, il t'attache...
Son fils, lui, sait t'apprendre tout ce que tu ne sais pas encore, avec patience, avec passion.
Toutes les fins de mois, il fait le tour des mas dans son gros 4x4 rouge pour distribuer la paye. Je ne sais pas comment il fait pour se balader aussi tranquillement avec autant de liquide sur lui...il sort de son blouson une épaisse liasse dont il extirpe notre dû et s'en retourne finir la tournée de ses gens.
Attraper des béliers de quatre-vingt kilos, ce n'est pas raisonnable, dans mon "état", tu me gronde mais moi je me sens bien, je me sens toujours aussi forte et le bayle nous regarde du coin de l'oeil, se demandant ce que j'attends pour finir ce que j'ai commencé...il faut dire qu'il a mis des mois avant de venir me parler directement de mon troupeau, un berger c'est pas grand chose, alors une fille!
Il a fallu que tu te fâche pour qu'il daigne enfin s'adresser à moi, alors lâcher prise devant lui, jamais!
Le patron vient demain, tu as raison il va falloir que je m'arrête, je vais lui parler.
"J'attends un bébé, c'est pour janvier, je ne reprendrai pas aprés la montagne".
Il me regarde, interloqué, puis soupçonneux, son sourcil droit se redresse:"c'est volontaire ou c'est un accident?"
Comment peut-on imaginer que ce concentré d'amour qui pousse et prend pour l'instant la place d'une orange dans mon ventre soit "un accident"?
J'ai répondu, mais mon regard aurait suffit. Cet homme qui avait tout, à qui tout réussissait, cet homme était stérile et avait le grand malheur de n'avoir personne à qui transmettre un jour son bien et j'ai lu dans ses yeux, ce jour-là, toute la richesse dont j'étais l'exclusif dépositaire.
Romain, une semaine...
19 mai 2007
L'échappée bêle: plus qu'une étape avant l'estive
J'ai attrapé le fouet, ouvert le parc et appelé...elles m'ont suivi, gaillardes, bon pied, bon oeil dès le petit matin...arrivées sur la piste, elles n'ont même pas cherché à glisser dans le petit prés sous l'arboretum, ce petit crochet rituel qui m'aggace tant, nous fait perdre du temps avec ces agneaux débutants qui ne savent jamais où aller...non, elles m'ont suivi, déterminées, la Rouge , tête plaquée à ma cuisse, pour être sûre d'arriver première...elles savent, elles étaient infernales depuis quelques jours, rendaient le jeune berger juste arrivé fou de cavaler d'un bout à l'autre de nos paysages chaotiques...
Ce matin, on lui à dit de nous attendre, il habite déjà la haut, de savourer un début de matinée sans leurs exigeances...
Deux heures de marche, les agneaux sont fatigués, les mères trop impatientes ne font plus attention et cherchent sans cesse à me griller, font la course avec le fouet qui claque à intervalles réguliers pour calmer leurs ardeurs.
Puis Rougios approche, les drailles ne vont pas tarder à plonger et elles les suivront sans que je puisse alors plus rien faire, mais à quoi bon, elles sont en terrain conquis, l'herbe et le trajet vont vite les saouler, elles se calmeront d'elles-mêmes...
je me pose dans l'herbe, les jambes un peu endolories, puis pousse doucement les agneaux retardataires qui oublient leurs mères, hagards, le nez perdu dans l'herbe vierge.
La Rouge est arrivée première!
29 avril 2007
l'échappée bêle...suite
Plus que quelques jours avant qu'ils ne quittent les quatre murs où ils sont nés pour goûter enfin l'herbe fraîche...
Le premier jour, c'est de la terreur pure: les mères, avides, se précipitent au-dehors, oubliant un instant leur progéniture, trop gourmandes de cette verdure dont l'hiver les a privé. Elles se précipitent sur chaque bouchée trouvée en chemin, ivres du goût de l'herbe enfin retrouvée, courent à tout va, stupides, ne sachant où donner de la bouche, le mourre barbouillé de vert, elles déraisonnent au soleil,mes belles idiotes...puis, d'un coup d'un seul, la vague s'en retourne, affolée, vers la bergerie où les agneaux sont restés, apeurés par ce grand espace vide, ces couleurs inconnues. Quelques aventuriers tentent une sortie maladroite, leurs mères sur les talons, prennent peur et s'en retournent en courant, pourchassés par une ombre, un souffle de vent, une feuille qui virevolte, tombée d'un cerisier en fleurs...
La première sortie des blanches n'aura duré qu'une heure ou deux, elles ont faim et il faudra bien mettre les agneaux au diapason de leurs envies...
Les jours suivant, sous la pression des mères, ils finissent par suivre, d'abord sur quelques mètres, puis aprés quelques aller-retours endiablés partent au loin en bêlant ou renoncent, épuisés, et s'endorment sur place, là ou leur bravoure les a portés, une fleur à la bouche...
Dans deux mois, quand ils croirons tout savoir du goût de l'herbe et de l'étendue de leur territoire, ils monterons sur l'estive et il leur faudra à nouveau tout redécouvrir, les paysages, les senteurs, les saveurs uniques de l'alpage, du bonheur, quoi!
à suivre...























