Je sors K.O de cette petite scène niçoise que je connais bien pour y avoir été tout à tour comédienne et spectatrice...

Premières armes de Luce au sein de sa nouvelle Compagnie, "TAIM' ", "L'Amoureuse" se joue ici, elle nous fait ce cadeau, notre toute nouvelle parisienne.

J'ai goûté avant de le voir quelques extraits de ce beau monologue sur son blog, l'aie vue en transparence.

Et quand Marie, celle qu'elle a choisi pour le rôle, apparaît, je devine des gestes, des grâces, une âme que je connais.

Marie, magnifique, possède et hante si bien les mots de Luce que je ne sais plus bien, parfois, laquelle des deux se donne, à cet instant, sur scène. Se donner, c'est le mot juste...

C'est une histoire d'amour-amor, d'amour à mort, d'âme ourlée d'or, d'âme égarée par un corps, à l'étouffer tant elle l'adore...

La folie n'est jamais bien loin, elle vient par vague, comme une douleur infinie.

le huis clos s'ouvre sur l'enfance, brisée, rêvée, à jamais blessée, la construction de soi, limage que l'on reçoit et celle qu'on voudrait tant donner, les premiers émois, fantasmés.

Et le corps se plie, se tend, se donne, dans ce champ de bataille qu'est le lit, dans cette prison qu'est la chambre.

Les caresses, les baisers, les promesses, vous prennent et vous renversent, puis le regard vide de cette femme Amoureuse vous transperce et vous glace...

Je frissonne souvent, blottie, presque recroquevillée dans le fauteuil, je souris parfois, attendrie, je ris amusée et émue.

Ce cri déchirant qui plante le décor, ce décor cru, une femme à demi nue, ce corps si gracieux qui vous parle autant que les mots, cette voix qui supplie, se perd, cette musique lancinante qui scelle le destin, tout porte la force du texte.

J'ai tout dit, je n'ai rien dit vraiment, je frissonne encore.

En sortant de la salle, un peu abasourdie, je n'ai pu t'offrir que l'étincelle dans mes yeux et une bise sur ta joue. Je me suis esquivée, en douce.

En bonne taiseuse que je suis, je n'ai pas su te dire combien j'avais aimé ce texte et cette lumineuse Marie, pétrie de vos deux talents.

Alors je te l'écris, Luce, et j'en fait profiter ceux qui me lisent, en espérant que cette pièce aura le succès qu'elle mérite, que d'autres que moi en parlerons bien mieux, qu'elle sera portée loin...

Quand tout fut éteint, mes yeux brillaient dans le noir!

"L'Amoureuse", texte et mise en scène de Luce COLMANT

Avec Marie TEISSIER